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Presentation / Talk

Du lien entre mobilité résidentielle et réseau social. Le cas suisse.

1. Contexte et questionnement : Les parcours de vie des individus sont marqués par des changements d’ordre sociaux (mobilité sociale, changement de rôle) mais aussi spatiaux (mobilité résidentielle) (Vincent-Geslin et Kaufmann, 2012 ; Dick & Duchêne-Lacroix, 2014). Les changements successifs de domicile s’inscrivent dans différentes échelles temporelles, de la semaine pour les bi-résidents à la décennie dans le cas d’un établissement résidentiel stable en passant par les possibilités intermédiaires. Ces durées variables témoignent d’un ancrage voire d’un enracinement plus ou moins important. Si les déterminants du choix de localisation du logement en lien avec les étapes du parcours de vie comme un changement d’emploi ou un événement familial sont assez bien connus (Broek, 1966, Debrand et Taffin, 2005), les recherches qui font état de la mobilité résidentielle sur l’ensemble du parcours de vie d’un individu demeurent encore limitées. De surcroit, au-delà de ces déterminants, les implications du réseau social (configuration familiale et amicale) sur le choix de localisation du logement demandent encore à être explorés (Lubbers et al., 2010; Ryan et al., 2008; Viry, Kaufmann, & Widmer. 2009; Viry 2012). L’objectif de cette communication tend à lier ces deux aspects en identifiant les effets du réseau social des individus (localisation, densité, intensité, type de lien) sur le choix de localisation du logement. Cette communication s’inscrit dans une approche pluridisciplinaire qui articule les approches sociologique et géographique tant au niveau conceptuel que méthodologique. 2. Données et méthodologie : La méthodologie s’appuie sur une enquête ad hoc menée auprès de 900 résidents suisses durant l’année 2011. L’ensemble des personnes ont été interrogées à propos de leur parcours résidentiel. Les membres du réseau social de ces personnes ont également été recensés en indiquant le type de lien entretenu, la localisation, la proximité et la fréquence de contact. L’appareil méthodologique lie les techniques de l’analyse spatiale et de la modélisation statistique. Au niveau spatial, les parcours résidentiels ont été reconstitués à partir de la localisation des stations résidentielles et de leurs durées. Cette approche s’appuie sur la techniques des ellipses standard (Cauvin, 2008 ; Schönfelder et Axhausen, 2010). La construction des ellipses est basée sur un semi de points qui renvoie à l’ensemble des stations résidentielles de chacune des personnes enquêtée. Ainsi, une ellipse résume l’espace résidentiel de chaque individu. Les variables dérivées des ellipses (étendue de l’ellipse, longueur du petit et du grand axe, position du centre moyen) sont ensuite analysées à partir d’une ACP. Enfin une CAH permet de dégager plusieurs profils d’espaces résidentiels. Ces profils sont ensuite confrontés aux caractéristique sociodémographiques individuelles et à celles du réseau social de chaque individu à partir d’un modèle probabiliste (Hosmer Jr et Lemeshow, 2004). Cette technique permet de dégager les déterminants (caractéristiques socio-démographiques) des profils résidentiels et les liens avec les caractéristiques du réseau social. 3. Résultats attendus : Les premiers résultats on permis de dégager quatre profils d’espaces résidentiels (territoriaux, dispersés, hybrides, métropolitains). Ces profils indiquent la prégnance de parcours résidentiels différenciés selon leurs caractéristiques spatio-temporelles. A un premier niveau, les prochaines analyses permettront d’établir les liens entre les caractéristiques socio-démographiques des individus et le type d’espace résidentiel auquel ils appartiennent. A un second niveau, l’analyse montrera l’interaction entre les caractéristiques du réseau social (localisation, densité, intensité, type de lien) et les profils d’espaces résidentiels.

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