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Relecture de la frontière à travers les activités quotidiennes. Le cas des travailleurs frontaliers de la région métropolitaine luxembourgeoise.

La présence d’une frontière administrative dans le bassin de vie d’actifs frontaliers entraine l’émergence d’un mode de vie articulant opportunités et contraintes (rémunérations plus attractives, législation etc.) se traduisant dans les comportements spatiaux quotidiens. Nous proposons de montrer que malgré l’intégration européenne la frontière influence les pratiques et les comportements de mobilité des frontaliers et qu’il existe un « effet frontière » plus ou moins important sur les choix de localisation et les durées d’activités quotidiennes des frontaliers (H1). Pour répondre à cette hypothèse générale, nous proposons une démarche originale de comparaison des comportements spatiaux d’actifs frontaliers et d'actifs non frontaliers se déplaçant sur des faisceaux de mobilité comparables : Thionville-Luxembourg et Voiron-Grenoble. Cette comparaison s’appuie sur deux « concepts outils » issus de la Time Geography (Hägerstrand, 1970, Lenntorp, 1976) et de l’approche de la mobilité par les activités (Jones et al, 1983) : les « patrons d’activités » (Vilhelmson, 1999) qui témoignent de la succession et de l’organisation des activités par rapport aux lieux structurants, domicile et travail ; les « espaces d’activités » (Schönfelder et Axhausen, 2010) qui permettent d’analyser la dispersion spatiale des activités quotidiennes tout en prenant en considération la durée de celles-ci. Les « patrons d’activités » des frontaliers présenteraient une succession d’activités organisée autour du domicile, alors que les actifs non frontaliers déploieraient davantage d’activités à partir de leur lieu de travail (H2). D’autre part, la mesure des espaces d'activités témoignerait d’un nombre d’activités, ainsi qu’un temps de présence plus important à proximité du domicile que du lieu de travail dans le cas des frontaliers. Inversement, les non frontaliers concentreraient davantage d’activités (et donc plus de temps) non loin de leur travail (H3). Les différences observées entre les deux populations d’actifs, au niveau des comportements spatiaux, permettraient ainsi de révéler un effet frontière selon une méthodologie liée à l’analyse spatio-temporelle de la mobilité et des activités quotidiennes (Klein, 2007).

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