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Coppelius. Ou le surnaturel alpin

Les Alpes séparent autant qu'elles rassemblent. Loin de la vision immaculée de la montagne, les hommes s'unissent autour de grandes entreprises, d'un savoir-faire. Ils creusent, percent, exploitent, défient et profitent de leurs bienfaits. C'est un territoire pluriel où chacun y trouve un intérêt – l'intrépide, le béat, l'envahisseur, le nostalgique, le bâtisseur, l'artiste, le pressé, le flâneur, le curieux. C'est à l'entrée des Alpes, derrière les crêtes dominant Montreux, que demeure Coppelius. Il côtoie la métropole lémanique, et pourtant, se soustrait à son regard. Seule une lanterne signale sa présence, comme une invitation à lui faire audience. L'ascension mécanique de 1600 m est instantanée. Rochers-de-Naye, gare terminus. Au premier abord, Coppelius est taciturne. Il réside là au point de convergence des topologies et des chemins. Précipice, pente douce, tangence, autant d'incidents révélés par la rencontre entre la rotondité de sa forme et la topographie. Il se maintient, stoïque entre l'encastrement et le porte-à-faux, comme un bas-relief taillé dans la roche du lieu. Coppelius est aussi un condensateur populaire. Il multiplie les usages et laisse libre court à l'interprétation de ses hôtes tantôt randonneurs, conférenciers, baigneurs, parapentistes, noctambules, skieurs, touristes et mélomanes. Tous sont réunis le temps de leur passage en une composition surréaliste et éphémère qui dissipe le vertige de leur première rencontre avec Coppelius.

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