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Planend das Planen lernen – das Beispiel N’Djamena

Depuis une dizaine d’années, les grandes monographies ur­ baines qui tenaient lieu de documents de planification ont été remplacées, sous l’impulsion des bailleurs de fonds, par des documents plus synthétiques et stratégiques. Cependant, les outils de planification restent produits par un mandataire extérieur, sous l’œil plus ou moins vigilant d’une commission technique. L’élaboration et la validation des plans s’inscrivent dans des temps longs, ce qui en limite fortement l’impact dans la gestion de villes en rapide mutation. En prenant ses fonctions, le nouveau Ministre tchadien en charge de l’urbanisme s’est vite aperçu que son Ministère n’avait pas de vision stratégique du devenir de la capitale N’Djamena et se montrait incapable de se prononcer sur les importants investissements prévus par le Gouvernement. Il a alors exigé de ses cadres la production d’un document de référence pour l’action gouvernementale. Sur financement d’ONU­Habitat, le bureau Urbaplan a été mandaté pour ap­ puyer en urgence cette démarche. La commande comprenait la formation accélérée d’une dizaine de cadres du Ministère et de la Mairie, ainsi que l’élaboration du document d’urbanisme précité. Or, il est vite apparu que les deux tâches ne pour­ raient être menées séparément, et que les agents en forma­ tion devraient eux­mêmes participer activement à l’élaboration du document. Concrètement, un premier diagnostic a été fait par le groupe de fonctionnaires mobilisés. En ont ensuite été tirés les principaux thèmes susceptibles de conditionner le devenir de la capitale, après quoi le diagnostic a fait l’objet d’une relecture commune critique. Le passage ultérieur aux orienta­ tions de planification a sans doute été la phase la plus déli­ cate du processus. Il a fallu du temps pour montrer comment la planification passe de faits concrets à des choix politiques et stratégiques, et comment ceux­ci peuvent être spatialisés. Une fois l’ensemble des enjeux affinés et cartographiés, il s’agissait de traiter les «nœuds du projet», où les orientations prises se superposaient, parfois de manière contradictoire. La vision obtenue a été schématisée sur un plan synthétique, qui a été approuvé par la Commission nationale d’urbanisme, puis présenté en Conseil des Ministres. L’ensemble du processus n’a pas excédé trois mois. Malgré ses limites, l’expérience a montré qu’une telle manière de faire pourrait donner naissance à des outils de planification stratégique souples et efficaces. Revus tous les cinq ans, ces documents colleraient aux réalités du terrain et seraient en mesure de cadrer le développement des métro­ poles. En outre, ils seraient mieux respectés, car portés et appliqués par ceux qui les ont conçus.

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