Projet hôtelier balnéaire à Moanda
Moanda. Unique fenêtre de la République Démocratique du Congo sur l’océan Atlantique. Une ville littorale, bordée de plages, traversée par une embouchure, bercée par un climat généreux mais dont le front maritime, pourtant si riche, reste à l’état brut. Fragmenté, parfois abandonné, souvent accaparé, ce littoral s’est développé au gré d’usages privés ou informels, sans vision d’ensemble, sans attention durable. Et pourtant, tout est là. C’est de ce constat qu’est né le projet. Non pas pour transformer, encore moins pour dominer, mais pour s’ancrer avec justesse. L’ambition n’est pas d’imposer une architecture au paysage, mais d’offrir un lieu d’hospitalité qui en prolonge les qualités profondes : ses formes, ses écologies, ses récits. L’hôtel s’installe à distance maîtrisée du rivage, à 50 mètres du trait de côte, dans une zone stable, pour éviter toute perturbation des dynamiques littorales. Il s’élève en respectant les éléments qui l’environnent : à l’ouest, la plage de Moanda ; au sud, les mangroves et la turtle hatchery de BATOBA ; à l’est, une forêt côtière dense et silencieuse. Le projet ne modifie aucun de ces milieux. Il les accueille dans son dispositif spatial, comme on compose avec des entités vivantes. Les volumes sont orientés avec soin, s’ouvrent au vent et au soleil, cadrent des vues filtrées, s’insèrent dans la trame végétale sans la perturber. Trois niveaux s’articulent avec une gradation claire entre les fonctions (nuit en haut, vie au rez). L’élévation progressive libère le sol, tout en conservant l’horizontalité du lieu. L’architecture est légère, modulaire, reproductible. Sa simplicité géométrique n’est pas un renoncement, mais une manière de laisser le site parler. Les matériaux sont locaux, les techniques de construction accessibles. Les façades respirent, les toitures débordent, l’ombre précède le bâti. La structure est facile à construire, pensée pour être montée avec les ressources du territoire, sans recours à des technologies lourdes. On construit ici avec ce qu’on connaît, ce qu’on peut réparer. Ce projet propose une autre manière de penser l’hospitalité en Afrique centrale. Une hospitalité non spectaculaire, mais incarnée, capable d’offrir du repos sans ravager, de la beauté sans conquérir. Une hospitalité où l’architecture se fait présence sensible, humble et lisible, au service d’un territoire fragile mais fort. Il pourrait devenir une base reproductible, un prototype d’implantation douce dans d’autres zones côtières : Mayumba, Kribi, Banana, Pointe-Noire. Il pourrait s’inscrire dans des circuits d’apprentissage, d’observation, de transmission.
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