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Vers des chantiers furtifs ; Etude préliminaire en matière d'acceptabilité et de perceptions des chantiers en contexte urbain

Le laboratoire de Sociologie urbaine (LaSUR) à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et le collectif Urbz à Genève ont été mandatés conjointement en octobre 2016 par Colas SA, domiciliée à Boulogne-Billancourt (F), afin d’identifier les thématiques et questions de recherche dans le domaine de la perception des chantiers urbains. Ce rapport est le fruit de la collaboration entre le LaSUR, qui a dirigé la pré-étude, et le collectif urbz, qui a tenté de se rapprocher au plus près des acteurs de trois chantiers à Genève et Lausanne. La manière dont sont perçus les chantiers semble s’être dégradée ces dernières années, alors que les projets de constructions battent leur plein en Suisse romande. Avec cette étude, nous touchons à un point particulièrement sensible du processus de développement et d’entretien de la ville. La question du rapport entre le chantier et les usagers du quartier et des infrastructures publiques est essentielle puisque ce sont eux qui sont in ne les béné ciaires des projets de construction (en particulier quand il s’agit de travaux de voirie). La relation avec le public est importante pour les entreprises qui sont sur le terrain - et donc en prise direct avec les usagers - mais aussi bien sûr pour les collectivités publiques. Tout chantier rassemble une série d’acteurs devant entrer en relation les uns avec les autres à différents moments et à différents niveaux. Il nous a paru essentiel de mettre ces relations en évidence. Très tôt dans l’étude, il est apparu que le ot d’information circulant d’un acteur à l’autre jouait un rôle essentiel dans l’acceptabilité du chantier. L’acceptabilité ne repose en effet pas uniquement sur des critères objectifs. Comme le montre nos notes de terrain, les riverains répondent positivement à une bonne communication - et réagissent négativement à un manque de communication. Ces réactions négatives peuvent se traduire en incivilités ou dans une mauvaise perception de l’action publique dont le but est pourtant d’améliorer l’espace public et les infrastructures. Ce rapport présente les données récoltées pendant les huit mois de l’étude sur trois chantiers : Perly et Grand-Pré à Genève et César-Roux à Lausanne. Durant cette période, plus de 40 entretiens ont été conduits et plus de 110 personnes ont été sondées. En plus des données qualitatives collectées auprès des usagers, riverains, commerçants et acteurs du chantier, le rapport contient de nombreux diagrammes, schémas, cartes et tableaux présentant les données objectives du chantier. Le présent rapport fait la synthèse des travaux effectués entre octobre 2016 et juin 2017, en vue du lancement éventuel d’une recherche plus importante. Il présente tout d’abord la méthodologie appliquée, puis détaille les enseignements mis en lumière et en n, les pistes à retenir pour une poursuite de la recherche. Cette première partie constitue l’analyse synthétique. Il s’accompagne d’un rapport de terrain fouillé retraçant les différentes observations empiriques réalisées qui mettent en évidence la perception des différents acteurs du chantier ; la nature des nuisances perçues ; certaines thématiques de recherche et suggère des moyens pour anticiper les nuisances et les minimiser, ainsi que pour rendre les chantiers plus acceptables pour les riverains, commerçants et usagers.

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