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Territoire et personnes âgées

La CEAT, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a répondu en 2014 à l’appel à projets de recherche « Qualité de vie des personnes âgées » lancé par la Fondation Leenaards. Elle a ensuite reçu le soutien financier de la Fondation pour mener cette étude exploratoire. La recherche a été élaborée dans le but d’étudier l’adéquation entre, d’un côté, les besoins et aspirations des personnes âgées, et de l’autre côté, les territoires, leur évolution et leur planification. De type exploratoire, la recherche pose les bases conceptuelles et méthodologiques pour le cadrage d’un projet plus conséquent destiné à accompagner les démarches de planification territoriale dans les régions et agglomérations. La recherche a été menée dans le canton de Vaud, en Suisse. La recherche a été construite sur la base d’une hypothèse principale : la capacité des personnes âgées de répondre à leurs besoins et aspirations dépend du type de territoire dans lequel elles résident. Cette hypothèse s’est révélée partiellement valide. En effet, la capacité des personnes âgées de répondre à leurs besoins et aspirations, en particulier lorsqu’elles deviennent fragiles et perdent en capacité de déplacement, repose plus largement sur le territoire de vie qu’elles ont construit. Dans cette construction, les caractéristiques du type de territoire de résidence sont un facteur parmi d’autres : la biographie des individus, leurs liens amicaux et de parenté, leurs activités, leurs besoins de santé et les lieux concernés sont également à prendre en compte. Le travail a consisté d’abord en la construction d’une typologie des communes vaudoises distinguant les centres d’agglomération, les communes suburbaines, les centres régionaux, les communes périurbaines et rurales et les communes touristiques. Une analyse historique a permis ensuite de montrer l’évolution démographique et territoriale du canton avec les phases de suburbanisation et de périurbanisation, de mesurer le vieillissement jusqu’à présent et d’esquisser des perspectives de vieillissement par type de territoire. Il en ressort notamment que les communes périrurbaines, qui se sont développées et rajeunies des années 1970 à 2000, vont connaître les taux et les progressions les plus fortes de vieillissement à l’horizon 2030-2040. Trois consultations ont ensuite été organisées auprès de vingt-quatre personnes âgées dans des territoires de type central (le centre de Renens), suburbain (Chavannes-près-Renens) et périurbain (Villars-Sainte-Croix). Les consultations nous ont permis d’identifier des attentes, des points forts et des inconvénients de chaque lieu, de reconstituer les territoires de vie plus large d’une partie des personnes consultées, et d’aborder la question de la diminution des capacités de déplacement, en particulier en automobile. De ces trois rencontres, il apparaît que, malgré l’attachement aux caractéristiques propres à leur territoire de résidence, les habitants de ces trois territoires attendent une offre suffisante de services et activités de proximité, une bonne accessibilité piétonne et en transports publics. Il apparaît aussi que la perspective de voir ses capacités de déplacement diminuer soulève les craintes et les inconnues les plus fortes auprès des habitants de la commune périphérique, que le déménagement d’adaptation est un dernier recours et un choix à faire de manière autonome et selon certaines conditions, que le fait de disposer de contacts sociaux dans le territoire de résidence sont nécessaires pour la vie sociale et pour bénéficier d’une entraide le cas échéant.

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