Habiter/traverser : repenser la spatialité de l’intimité par la migration précaire
Notre article interroge la spatialité de l’intimité à travers l’expérience de femmes et d’hommes qui – parce qu’en migration et en situation administrative précaire – peinent à se sentir à l’abri dans leurs lieux de vie. Bien que l’espace privé semble constitutif d’un espace « à soi », nous verrons que celui-ci peut aussi devenir un lieu de confrontation et d’exposition aux violences, susceptible de ne plus être considéré comme « sûr ». L’intimité se déploie alors de manière plus vaste, en prenant racine dans la circulation entre des espaces aussi bien privés que publics, intérieurs qu’extérieurs. En effet, lorsque l’espace privé représente une menace, l’espace public peut amener une forme de repère ou de protection. Ainsi, en retraçant les parcours d’habiter de personnes rencontrées sur nos terrains respectifs, nous verrons comment l’intimité peut aussi se déployer dans des espaces ouverts, visibles et publicisés.
Centre Max Weber
École Polytechnique Fédérale de Lausanne
2025
REVIEWED
EPFL